Lyon-Turin : les nouveaux maires verts de Grenoble et Lyon donnent des ailes aux opposants italiens de la ligne TGV

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Il y a eu l’élection d’Eric Piolle à Grenoble, puis celle de Chiara Appendino, à Turin… Lyon a désormais aussi son maire écolo. Les opposants français et italiens (NO TAV) au TGV Lyon-Turin affichent un 3 à 0, face aux promoteurs de la ligne toujours en chantier. De quoi leur donner des ailes.

Le  maire de Grenoble Eric Piolle et Gregory Doucet, maire de Lyon.
Le maire de Grenoble Eric Piolle et Gregory Doucet, maire de Lyon. • © PHILIPPE DESMAZES / ROMAIN LAFABREGUE – AFP
Il y avait déjà (par ordre d’apparition à l’écran), Eric Piolle, élu maire de Grenoble en 2014. Puis, 2 ans plus tard, Chiara Appendino, la maire de Turin… Désormais renforcés par le nouveau maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, les opposants français et italiens (NO TAV) au TGV Lyon-Turin affichent un 3 à 0, net et sans bavure face aux promoteurs de la ligne toujours en chantier. De quoi leur donner des ailes.
 
Son nom s’affichait ce mercredi à la une du principal quotidien piémontais, « La Stampa » « les chantiers italiens et français dans la tempête : le nouveau maire de Lyon rejette le TGV ! ». Le ton du journal historiquement lié à la famille Agnelli, les fondateurs de Fiat, n’a rien de surprenant. Les milieux économiques turinois sont depuis toujours favorables à la construction de ligne, jugée « vitale » pour l’avenir d’une capitale piémontaise qui veut continuer de compter dans l’économie italienne et européenne, sous peine de se voir devenir la banlieue de sa voisine et rivale milanaise.
Dès 2014, le pas en arrière fait par l’alors nouveau maire de Grenoble Eric Piolle, n’avait pas inquiété grand monde à Turin. ( la ville de Grenoble s’était désengagée du financement du Lyon-Turin).  Deux ans plus tard, lorsqu’à la surprise générale, Chiara Appendino avait été élu maire de Turin, l’évènement avait été perçu comme un sérieux avertissement.
Mais cette fois, l’entrée en scène d’un nouveau maire NO Tav comme on les appelle de ce côté-ci de la frontière, a été ressenti comme un véritable coup de semonce !
 

« Le Lyon-Turin : un projet erroné qu’il faut arrêter »

 
 Il faut dire que dans son interview accordée à « la Stampa » parue ce mercredi, Grégory Doucet ne mâche pas ses mots : « il est inutile d’insister sur ce projet complètement erroné. On a fait le pire choix qui soit. Il faut donc arrêter ce Lyon-Turin à tout prix. »
Et quand le confrère italien lui fait observer que dans l’économie en crise de l’après-Covid, ce grand projet structurant européen ferait sans doute du bien à l’économie, la réponse du maire de Lyon se fait cinglante : «On veut nous faire croire que l’on relancera l’activité économique avec ce TGV. Mais c’est absurde ! La ligne Lyon-Turin existe déjà. C’est l’ancienne ligne. C’est sur elle qu’il faut miser en investissant »

Côté Chantiers : Silence on bosse !

« Rien de nouveau dans ces propos », se tranquillise-t-on du côté « Si Tav », chez les promoteurs et bâtisseurs de la future ligne. Il est vrai que dans la déjà longue histoire de la construction de l’ouvrage, on en a déjà entendu mille fois des déclarations politique fracassantes. Dans les deux sens d’ailleurs. Des volontaristes : « le tunnel sera fini en 2012 », du ministre des transports de Lionel Jospin ; et jusqu’au « avec nous au gouvernement, le Turin-Lyon ne se fera pas », d’un certain Luigi di Maio, un leader du parti  5 étoiles aujourd’hui toujours au gouvernement à Rome, mais beaucoup plus discret sur le sujet ; chez LTF (Lyon Turin Ferroviaire) devenu Telt (Tunnel Euralpin Lyon Turin) la société franco-italienne on garde un flegme…quasi britannique.

« Avec les 4 chantiers qui ont recommencé de tourner après le Covid, explique Alain Chabert, directeur adjoint de TELT pour la France, nous donnons déjà du travail à presque 800 personnes, aussi bien dans le percement du tunnel de base qui a atteint les 9 kilomètres vers Modane, que sur les 2 fronts de taille commencés dans l’autre sens, de Saint Martin la porte vers Saint Jean de Maurienne. Notre réponse, elle est là.  Nous respectons la démocratie, mais on ne peut tout de même pas s’empêcher de ressentir un peu d’amertume à être systématiquement être dépeint par les élus écologistes comme de fossoyeurs de l’environnement alors que c’est l’inverse ! ».

« Et puis, poursuit Maurizio Bufalini, directeur général adjoint de TELT côté italien, lorsque l’on nous ressort l’argument qu’il faut investir sur la ligne historique, je dirais que ce raisonnement s’apparente à celui d’un propriétaire d’Iphone 3 qui croirait qu’en achetant un autre Iphone 3, il pourrait faire un Iphone 6. Cela ne tient pas. Si le Turin-Lyon était déjà construit, je suis sûr qu’il serait en voie de saturation. Regardez le tunnel du Gothard en Suisse…il est déjà saturé quelques années seulement après sa mise en service ! La vieille ligne Lyon-Turin ne pourrait jamais supporter un tel trafic ».

Des NO TAV italiens relancés par les deux maires français

 Il n’y a pas qu’à la une de « la Stampa » que le nouvel édile rhodanien était à la une ce mercredi. Online, le journal des « No tav » avait décidé de dédier sa photo de une à Grégory Doucet. « Grâce à lui, nous sommes vraiment entré dans une période où « tout va basculer » (en français dans le texte), affirme, plus convaincu que jamais Paolo Prieri, un opposant de la première heure au TGV Lyon-Turin.

« Nous avons été déçu par Appendino », la maire de Turin du parti 5 étoiles, et son « buon viso, a cattivo  gioco » ; (beau visage mais mauvais jeu ; ou contre mauvaise fortune, bon cœur). Malgré ses quelques coups d’éclat, comme lorsqu’elle a pratiqué la politique de la chaise vide lors des réunions de l’observatoire technique du Lyon-Turin, elle a été bien trop modérée. Mais avec le maire de Lyon et le maire de Grenoble à ses côtés, ce sera un bon point pour marquer les esprits à Bruxelles. Car c’est là que désormais tout se joue…on verra ça dès la rentrée lors des sessions plénières où sera examinée la proposition de 11 de nos eurodéputés. Elle vise à arrêter tout grand projet qui émettrait  davantage de CO2 pendant sa construction que lors de son utilisation ».

Alors, verra-t-on bientôt les nouveaux maires de Grenoble et Lyon défiler en Vallée de Suse, sous les banderoles « No Tav » qui ont déjà promis un été chaud pour les policiers et gardes mobiles qui se relaient toujours jours et nuits autour de l’unique chantier italien du Lyon-Turin. Un conseil toutefois, si l’envie leur en prend : avoir à portée de main un casque plus résistant que leur traditionnel casque de vélo. Car les manifestations « No Tav » du mois dernier autour de la galerie de reconnaissance italienne ont encore donné lieu à bien des échauffourées avec les forces de l’ordre.

Réaction d’Eric Piolle à l’interview accordé au quotidien « La Stampa » par son homologue lyonnais Grégory Doucet

“Nous partageons avec Gregory Doucet les mêmes priorités: accélérer la transition vers un monde soutenable et donc développer le ferroviaire sur les lignes existantes. La ligne Lyon-Turin actuelle est utilisée à 20% de sa capacité de fret. Comme les cours des comptes Française et Européenne et tous les experts indépendants des lobbys nous disons ensemble qu’il est absurde de dépenser 26 milliards € pour une nouvelle infrastructure au cout environnemental énorme. L’Etat doit mettre le paquet sur la maintenance du réseau fret et TER existant, et non pas dilapider l’argent dans des projets d’une autre époque.”

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