AU CŒUR DE LA NOUVELLE GEOPOLITIQUE DU PROCHE-ORIENT, LA RIVALITE SECULAIRE ENTRE PERSES ET ARABES

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/

Luc MICHEL pour EODE/

Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/

2017 12 04/

LM.GEOPOL - Rivalité arabes perses (2017 12 04) FR 2

L’ombre des saouds plane sur le Liban, avec ses immenses ambitions géopolitiques. Mais aussi le renfort du nouvel Axe géopolitique Washington – Tel-Aviv – Riyad.

Lire aussi :

* LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

PROCHE-ORIENT : VERS UNE NOUVELLE GUERRE ENTRE LE LIBAN ET ISRAEL ?

Sur http://www.lucmichel.net/2017/11/23/luc-michels-geopolitical-daily-proche-orient-vers-une-nouvelle-guerre-entre-le-liban-et-israel/

* LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

AXE WASHINGTON – RIYAD – TEL-AVIV : LA VIEILLE ALLIANCE HONTEUSE ENTRE SAOUDS ET ISRAELIENS NE SE DISSIMULE PLUS !

Sur http://www.lucmichel.net/2017/11/17/luc-michels-geopolitical-daily-axe-washington-riyad-tel-aviv-la-vieille-alliance-honteuse-entre-saouds-et-israeliens-ne-se-dissimule-plus/

I- L’ARABIE SAOUDITE EST RESOLUE A DEVENIR L’ACTEUR MAJEUR DU MOYEN-ORIENT

Sous le titre « Le Liban sera-t-il une nouvelle Syrie ? » (opinion de Christian Makarian) LE VIF-L’EXPRESS (Bruxelles) publie d’intéressantes réflexions :

Extrait 1. « Un grand bouleversement stratégique est en cours d’accomplissement : l’Arabie saoudite est résolue à devenir l’acteur majeur du Moyen-Orient, à dicter ses règles aux autres nations arabes et à rompre le tabou qui opposait ces dernières à Israël depuis un siècle (…) C’est dans un contexte tendu qu’est intervenue comme un coup de tonnerre la démission (désormais suspendue) de Saad Hariri, le Premier ministre libanais. Une éruption qui ensevelit les constructions précédentes, aussi chaotiques fussent-elles, et achève la fragmentation d’une zone férocement dévolue aux rapports de force ethniques, religieux, communautaires, tribaux, comme hors du temps. »

Rappelons que cette fragmentation est au cœur des plans géopolitiques des Années ’90 du Likoud israélien pour le Levant, à faire éclater en petits états mono-ethniques ou mono-religieux. Plans qui ont servi de base aux projet des neocons de Bush II pour leur projet du « Grand Moyen Orient », recyclé en « printemps arabe » par Obama-Clinton …

SAOUDS VS IRAN

Extrait 2. « En toile de fond, la haine qui met aux prises, en particulier depuis 1979 et l’avènement de l’ayatollah Khomeini, le régime iranien et la monarchie wahhabite. On en connaît les racines religieuses – le conflit entre chiisme et sunnisme depuis les origines mêmes de l’islam -, mais on attribue sans doute un peu trop d’importance à ce facteur, qui sert d’habillage idéologique à une rivalité bien plus profonde : du point de vue de l’antique civilisation perse, le royaume des Saoud, enrichi par la manne pétrolière et acquis aux Américains, ressemble à une aberration. A l’inverse, pour Riyad, la République islamique de Téhéran est une entité impie, entièrement tournée vers la déstabilisation de l’Orient. De surcroît, cette République honnie est couronnée de succès dans ses opérations extérieures les plus néfastes, comme le prouvent les menées iraniennes en Irak, pays à majorité chiite, en Syrie, en soutien au régime d’Assad, au Yémen, en appui à la rébellion chiite des Houthis, à Gaza, au côté du Hamas sunnite. »

« L’ARABIE SAOUDITE CHERCHE UN NOUVEAU THEATRE DE CONFLIT POUR AFFRONTER L’IRAN »

Extrait 3. « Mais, de loin, l’investissement le plus impressionnant de l’Iran est celui effectué au Liban auprès des chiites, qui, autrefois minorité musulmane, sont désormais à parité avec les sunnites. C’est dans la vallée de la Bekaa, au Sud-Liban le long de la frontière avec Israël (malgré la présence de plusieurs villages chrétiens) et dans la banlieue sud de Beyrouth que les forces du Hezbollah (le Parti de Dieu) chiite, dirigé par le très retors Hassan Nasrallah, se sont taillé un Etat dans l’Etat. Comme l’a montré la dernière élection présidentielle, qui a fini, après de longs mois de vacance du pouvoir, par installer le général Michel Aoun, avec le nihil obstat du Hezbollah. Pour Riyad, cette mainmise totale de Nasrallah (et de Téhéran !) sur la vie politique libanaise s’accompagne d’une série de victoires militaires remportées par le Hezbollah en Syrie : sans ces combattants venus du Liban, Assad aurait eu beaucoup de mal à vaincre ses adversaires (parmi lesquels des factions islamistes sont largement soutenues par l’Arabie saoudite). Cette situation irrite au plus haut point les Saoudiens, qui n’ont cessé de faire part de leur exaspération aux autorités libanaises : en mars 2016, l’Arabie avait annoncé qu’elle suspendait l’aide financière de 3 milliards de dollars accordée à l’armée libanaise (dont une partie a servi à acquérir des armements de fabrication française), avant de rétablir cette facilité. »

« RIYAD ET SES ALLIES DU GOLFE BENEFICIENT D’UN CHEQUE EN BLANC DE DONALD TRUMP »

Extrait 4. « C’est dans ce contexte extrêmement tendu qu’est intervenue comme un coup de tonnerre la démission (désormais suspendue à des négociations sur le poids du Hezbollah) du Premier ministre libanais, Saad Hariri, prononcée depuis Riyad et juste après la reprise de la ville de Deir ez-Zor par les forces d’Assad et de ses alliés du Hezbollah (ainsi que de l’Iran et de la Russie)… Après la mise au ban et l’étouffement économique du Qatar pour cause de bonne intelligence avec l’Iran, Riyad et ses alliés du Golfe, qui bénéficient d’un chèque en blanc de Donald Trump, envoient ainsi un signal aveuglant à l’ensemble de la région, et bien au-delà : l’Arabie saoudite cherche un autre théâtre de conflit – le Liban – où elle puisse affronter l’Iran et lui infliger une défaite pour compenser l’échec cuisant qu’elle a subi en Syrie. Une très mauvaise nouvelle. »

II- LA GUERRE LARVEE ENTRE L’ARABIE SAOUDITE, WAHHABISTE, ET L’IRAN, CHIITE, SE DRESSE EN TOILE DE FOND DE LA CRISE LIBANAISE

La guerre larvée entre l’Arabie saoudite, championne du wahhabisme (doctrine rigoriste de l’islam sunnite), et l’Iran, chiite, qui se dresse en toile de fond de la crise libanaise, reflète une rivalité croissante entre ces deux pays. Riyad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en 2016 et, dans leur lutte d’influence, soutiennent des camps rivaux au Liban, en Irak, en Syrie et au Yémen.

Depuis le 4 novembre, la tension a été ravivée par la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri, qui, de Riyad, a accusé l’Iran « d’ingérence dans son pays par le biais du Hezbollah », mouvement chiite soutenu par Téhéran. Elle est encore montée d’un cran quand le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a accusé l’Iran « d’avoir agressé son pays », en rendant Téhéran responsable d’un tir de missile des rebelles houthis au Yémen intercepté près de Riyad. Téhéran, niant toute implication, a appelé Riyad « à ne pas jouer avec le feu et à se méfier de la puissance iranienne ».

UNE RIVALITE « D’ABORD GEOSTRATEGIQUE »

Au-delà de l’antagonisme atavique entre Perses et Arabes, la concurrence entre Riyad et Téhéran a été exacerbée par la révolution iranienne de 1979 et l’avènement de la République islamique, porteuse d’un message révolutionnaire d’émancipation populaire et farouchement antiaméricain, perçu comme une menace par l’Arabie, monarchie conservatrice alliée des Etats-Unis.

Avec l’affaiblissement de l’Irak après la guerre du Golfe (1991), l’Arabie et l’Iran deviennent “les deux principales puissances régionales”, relève Clément Therme, chercheur à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) à Washington, pour qui « leur rivalité est d’abord géostratégique ». Riyad voit comme une menace pour sa propre sécurité l’influence régionale grandissante de l’Iran avec les guerres en Irak et en Syrie, et la poursuite du programme balistique iranien. Pour l’Iran, qui s’estime encerclé par des bases américaines et menacé par les arsenaux constitués par ses voisins auprès des Etats-Unis, les missiles qu’il développe sont « purement défensifs ».

TRUMP A ENCOURAGE L’HOSTILITE A L’IRAN

“La première cause des tensions actuelles est liée à l’affrontement par intermédiaires entre l’Iran et l’Arabie saoudite”, estime C. Therme, en citant les théâtres de guerre en Irak, en Syrie et au Yémen. Pour lui, “l ’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis a libéré les énergies anti-iraniennes dans la péninsule arabique” car Washington “a pris fait et cause […] pour son allié saoudien” et contre l’Iran. Une attitude américaine tranchant avec celle de Barack Obama, marquée par la signature d’un accord historique sur le nucléaire iranien.

Les tensions religieuses “ont émergé comme un paramètre majeur de la rivalité irano-saoudienne” après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, qui a fait émerger un pouvoir chiite à Bagdad, “mais surtout après les printemps arabes de 2011”, observe M. Therme. “Les Etats arabes sont apparus comme vulnérables et l’Iran a été alors défini comme la principale menace pour la stabilité régionale”, ajoute-t-il en référence au “soutien affiché de Téhéran aux revendications des importantes minorités chiites dans les monarchies du Golfe”.

UN CALCUL DU PRINCE HERITIER SAOUDIEN ?

“Le risque d’escalade semble atténué par la peur d’une guerre”, estime, toutefois, Clément Therme, rappelant que l’Iran a l’expérience douloureuse de la guerre avec l’Irak. Quant à l’Arabie, elle est enlisée au Yémen, où elle est engagée depuis mars 2015 à la tête d’une coalition militaire pour stopper l’avancée des rebelles houthis. Pour la société de conseil en risque politique Eurasia Group, « la rhétorique saoudienne ne reflète pas nécessairement un intérêt pour la guerre. Mais l’argument nationaliste contre l’Iran pourrait être instrumentalisé par le prince héritier » – qui bouscule actuellement les codes dans le royaume ultra-conservateur – pour « consolider sa position ».

Les émissions qui complètent l’analyse :

* Voir sur la phase actuelle des rapports USA-Israël-Saouds

(Présidence Trump) :

sur PCN-TV/GEOPOLITIQUE.

LUC MICHEL: LA TOURNEE DE TRUMP A RIYAD-TEL AVIV-BRUXELLES ET LE NOUVEL AXE STRATEGIQUE USA-SAOUD-ISRAEL

Sur https://vimeo.com/218768964

* Voir sur la phase précédente du dossier

(Présidence Obama) :

Posdcast sur PCN-TV/

Interview de Luc MICHEL sur Radio IRIB (Iran, 2015),

LA TOURNÉE DE KERRY AU PROCHE-ORIENT ET EN ASIE

Sur https://www.youtube.com/watch?v=u9WGTMr9vIs

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DUPLICITE TURQUE EN SYRIE (II) : LE DOUBLE JEU D’ERDOGAN EN SYRIE CONTINUE DE PLUS BELLE

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2017 12 03/

LM.GEOPOL - Erdogan duplicité III (2017 12 03) FR 1

Depuis le mois d’août 2016, je parle de « gesticulations diplomatiques opportunistes » à propos des critiques d’Erdogan contre les USA et du soi-disant « rapprochement avec la Russie » avancée par les « géopolitologues de l’émotion immédiate » (Qui est tout sauf de la géopolitique) des médias russes. La diplomatie d’Erdogan (car c’est bien d’un pouvoir personnel qu’il s’agit) n’est ni atlantiste ni eurasiste (sic), elle est foncièrement opportuniste. Et l’actualité le démontre une fois de plus. Quelques jours après avoir participé aux « processus d’Astana », qualifié par la presse russe de « nouveaux Yalta, d’où les USA ont été exclus » – et où Moscou a marqué sa volonté de maintenir Bachar al-Assad au pouvoir -, voici Erdogan qui prétend « chasser le président syrien du pouvoir ». Et qui dans la même foulée se rapproche de Trump. La diplomatie néo-ottomane d’Erdogan ce ne sont plus des « tournants » mais le « grand 8 » des parcs d’attraction !

Grandes interrogations à Moscou et grosse colère à Damas et Téhéran ! Décidément, le nouveau « Grand jeu » au Proche-Orient et en Asie centrale est extrêmement complexe …

MOSCOU DEMANDE DES EXPLICATIONS D’ERDOGAN QUI VEUT CHASSER LE « TYRAN ASSAD »

La Russie vient de demander des explications au président turc Recep Tayyip Erdogan après ses déclarations selon lesquelles son intervention militaire en Syrie vise à « mettre fin au règne du tyran » Bachar al-Assad. « C’est une déclaration très grave qui contredit en gros toutes ses déclarations précédentes », a indiqué à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Nous espérons bien évidemment que nos partenaires turcs nous donneront dans les plus brefs délais quelques éclaircissements sur ce sujet », a-t-il souligné.

Recep Tayyip Erdogan a affirmé ce mardi, lors d’une réunion à Istanbul, que l’armée turque engagée depuis l’été dans une opération militaire en Syrie n’avait qu’un seul objectif: « Mettre fin au règne du tyran Assad (…) et rien d’autre ». « Pourquoi sommes-nous entrés [en Syrie] ? Nous n’avons pas d’intérêts sur le sol syrien. La question est de donner les terres à ceux qui sont leurs vrais propriétaires. Nous sommes là pour rétablir la justice », a expliqué le président turc. « Erdogan n’explique pas comment il sait que le peuple syrien l’a mandaté de cette mission », commente la presse iranienne !

DAMAS EN COLERE DENONCE LES « ILLUSIONS DU DESPOTE EXTREMISTE »

Pour le ministère syrien des Affaires étrangères, ces déclarations « montrent clairement que la flagrante agression turque contre le territoire syrien n’est que le résultat des ambitions et des illusions du despote extrémiste (…) qui a transformé la Turquie en une base pour les groupes terroristes issus de la même idéologie et qui œuvrent pour déstabiliser la Syrie et l’Irak ».
« Les leaders, l’armée et le peuple de Syrie ne permettront pas à ce despote arrogant de s’ingérer dans leur affaires », a assuré le ministère dans un communiqué, en appelant la communauté internationale « à mettre fin aux agissements d’Erdogan et à son ingérence dans les affaires de la région ».

Depuis août, l’armée turque a lancé une offensive dans le nord syrien, sans le consentement du gouvernement syrien. Elle a donné pour motif de « chasser Daesh des régions proches de sa frontière », mais aussi « de stopper l’avancée des milices kurdes de Syrie ». Ankara est soupçonnée « d’avoir entretenu des liens étroits avec la milice wahhabite takfiriste et de lui avoir laissé le champ libre pour faire passer ses miliciens vers la Syrie et pour faire écouler le pétrole qu’elle extrayait du sol syrien ».

La semaine dernière, l’état-major turc a mis en cause le régime syrien dans la mort de quatre de ses soldats en Syrie, pour la première fois depuis le début de l’incursion d’Ankara dans le territoire syrien. Une incursion taxée « d’occupation » et donc illégitime selon le gouvernement syrien Cet incident a fait notamment l’objet d’un entretien téléphonique vendredi dernier entre Recep Tayyip Erdogan et le président russe Vladimir Poutine.

LA VALSE HESITATION OPPORTUNISTE D’ANKARA ENTRE WASHINGTON ET MOSCOU

Mais le double-jeu, qui est un jeu trouble, se fait aussi avec Washington. « Les États-Unis se préparent à renforcer son soutien militaire à la Turquie et ses autres alliés en Syrie ». Durant un entretien téléphonique entre le président Trump et le président Erdogan, ces deux dirigeants ont « abordé le sujet de l’achat d’équipement militaire américain ». Plus tôt les autorités turques ont déclaré que « Washington avait accepté de joindre ses efforts à Ankara pour lutter contre les ‘organisations terroristes. Cela inclut les militants de l’Etat islamique, le parti des travailleurs du Kurdistan et le réseau du clerc musulman Fetullah Gulen basé aux Etats-Unis » …

Dans le nouveau « Grand jeu » transformé par Erdogan en poker menteur géoplitique, qui l’emportera : le « sultan » néo-ottoman Erdogan, le « nouveau tsar » Poutine ou le Cowboy Trump ?

LIRE SUR CE DOSSIER :

* LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
DUPLICITE TURQUE EN SYRIE :
DAMAS DEMANDE LE RETRAIT IMMEDIAT DES TROUPES TURQUES DE LA VILLE D’IDLIB

Sur http://www.lucmichel.net/2017/10/15/luc-michels-geopolitical-daily-duplicite-turque-en-syrie-damas-demande-le-retrait-immediat-des-troupes-turques-de-la-ville-didlib/

* LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

DUPLICITE TURQUE EN SYRIE (II) :

LA PRESSE D’ETAT IRANIENNE S’INTERROGE SUR LE ‘GRAND JEU SYRIEN’ D’ERDOGAN

Sur http://www.lucmichel.net/2017/10/17/luc-michels-geopolitical-daily-duplicite-turque-en-syrie-ii-la-presse-detat-iranienne-sinterroge-sur-le-grand-jeu-syrien-derdogan/

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ISLAMISMES RADICAUX. ETAT DES LIEUX (I): LE PAKISTAN SOUS INFLUENCES ISLAMISTES

 

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/

Luc MICHEL pour EODE/

Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/

2017 12 02/

LM.GEOPOL - ISLAMISMES I pakistan (2017 12 02) FR 2

On oublie le plus souvent que les djihadismes ont eu dès le début (guerre d’Afghanistan contre les soviétiques) non pas un parrain mais deux : les pakistanais et les saoudiens. Une fraction importante des officiers pakistanais et les services secrets, l’ISI, sont acquis à l’idéologie wahhabite (celle des saoudiens, des qataris et des djiadistes). Et on accompagné les fractions djihaistes depuis les Années 80. Rappelons encore que l’islamisme radical a été importé en Afrique par les officiers pakistanais des Casques bleus de l’ONU.

Aujourd’hui le Pakistan est écartelé entre :

– une fraction civile et militaire qui veut s’éloigner du wahhabisme, tournée vers les Occidentaux (schyzophréniquement, le Pakistan est aussi l’allié principal des USA dans la région) ; et qui commence à se tourner vers Pékin et Moscou (le projet des « nouvelles routes de la soie » inclut le Pakistan dans l’intégration continentale eurasiatique) ;

– une fraction wahhabite (partie radicalisée de l’armée et ISI), qui déstabilise en permanence le pays, soutient les djihadismes internationaux, mais aussi les islamistes radicaux pakistanais.

A cela s’ajoute les pressions intérieures et extérieures pour la conclusion d’une alliance géopolitique avec les saoudiens, qui aurait des effets déstabilisateurs sur le Pakistan …

* Voir sur PCN-TV/ GEOPOLITIQUE/

LUC MICHEL: ISLAMISMES RADICAUX.

ETAT DES LIEUX (DAESH S’INTERNATIONALISE & LE PAKISTAN EST DESTABILISE) Sur https://vimeo.com/245077049

I- LA CONTESTATION S’ETEND AU PAKISTAN, L’ARMEE RESTE MUETTE

L’histoire commence début octobre lorsque le gouvernement dirigé par la Ligue Musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) fait adopter une loi électorale grâce à sa majorité au Parlement. Le texte allège la prestation de serment des candidats sur leur foi musulmane. Il supprime aussi deux paragraphes de la législation précédente, les sections 7B et 7C, qui interdisent aux Ahmadis de voter et de se présenter aux élections. Les Ahmadis se proclament musulmans, sans considérer Mahomet comme le dernier prophète de l’Islam. Une croyance qui, aux yeux de la constitution et des fondamentalistes, fait d’eux des non-musulmans.

La contestation a pris de l’ampleur ce dimanche dans différentes villes du Pakistan après la dispersion ratée la veille d’un sit-in islamiste aux portes de la capitale, tandis que l’armée semblait hésiter à intervenir dans la crise. « Des milliers de sympathisants avaient rejoint les rangs des manifestants qui occupent depuis maintenant trois semaines un pont autoroutier aux portes d’Islamabad, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Certains armés de bâtons, clamant des slogans, bloquent les rues reliant Islamabad à la ville voisine de Rawalpindi, paralysant la circulation aux dépens de dizaines de milliers de voyageurs contraints de passer des heures dans les transports chaque jour ».

La veille, « une tentative des forces de l’ordre de les en déloger à l’aide de gaz lacrymogènes avait tourné court, suscitant des commentaires critiques sur une opération jugée mal préparée, qui s’est soldée par la mort d’au moins 7 personnes et quelque 230 blessés et a renforcé la détermination des manifestants ». Ils étaient des milliers à protester en différents points de Karachi et Lahore, ainsi que dans de nombreuses autres villes du pays selon les médias. Des chiffres encore modestes à l’échelle du Pakistan, mais qui n’ont fait que croître depuis l’opération de samedi. Dans la mégapole portuaire de Karachi, au sud, la police a évacué plusieurs sit-ins tôt dimanche, mais sept autres se poursuivaient, mobilisant près de 5.000 manifestants, selon les autorités locales. Même situation à Lahore (nord-est), où plus de 3.000 manifestants étaient rassemblés dimanche en différents points de la ville, selon la police municipale.

UNE ARMEE PAKISTANAISE INCERTAINE QUI LAISSE FAIRE LA DESTABILISATION

Appelée samedi soir en renfort par le gouvernement pour aider les autorités à “maintenir l’ordre sur le territoire d’Islamabad”, la puissante armée pakistanaise ne s’est toujours pas exprimée publiquement, ne laissant rien filtrer de ses intentions. Aucun militaire n’était visible dimanche sur les lieux de la contestation tandis que les forces de l’ordre demeuraient en retrait, selon un journaliste de l’AFP.

La manifestation est pilotée par un groupe religieux peu connu, Tehreek-i-Labaik Yah Rasool Allah Pakistan (TLYRAP), qui exige la démission du ministre de la Justice, à la suite d’une polémique au sujet d’un amendement, finalement abandonné, qu’il lie à la très controversée loi sur le blasphème, un sujet ultrasensible au Pakistan. « Les meneurs cherchent par ailleurs à recruter d’autres ouailles au nom de “l’honneur du prophète” Mahomet, que le gouvernement bafouerait selon eux en tentant de les déloger ».

LA MONTEE EN PUISSANCE DES ISLAMISTES RADICAUX …

Ecoutons le témoignage à l’AFP de Riaz Shah, originaire de Lahore, a rejoint les rangs de la contestation dès le premier jour, le 6 novembre : “Je suis un ouvrier. Je me moque si mon épouse et mon enfant ont faim. Je me moque s’ils meurent de faim. Pour moi, rien d’autre ne compte que l’honneur de mon prophète”, explique-t-il, affirmant qu’il ne partira pas tant que les chefs du mouvement ne lui en auront pas donné l’ordre.

“Malheureusement, tout est de la faute de ces religieux, de leur attitude extrémiste”, s’indigne à l’inverse Maqbool Ahmed, un habitant d’Islamabad interrogé par l’AFP. “Ils ne s’intéressent tout simplement pas aux gens, certains ont vu leur négoce ruiné, sont incapables de se rendre à leur travail, à l’hôpital, d’envoyer leurs enfants à l’école “, s’agace-t-il.

Pour les Pakistanais, la confusion autour des événements des derniers jours a été accrue par la décision samedi de l’autorité de régulation de l’audiovisuel de suspendre la diffusion des chaînes d’information en continu, qui a été levée dimanche en fin d’après-midi. La diffusion a repris immédiatement. L’accès aux réseaux sociaux restait cependant perturbé. Tous les établissements éducatifs, écoles ou universités de la province du Pendjab, demeureront fermés lundi et mardi “en raison de la situation actuelle”, a déclaré à l’AFP Bashir Ahmad Zahid Goraya, le chef de l’autorité en charge de l’enseignement à Lahore.

… FACE A UN POUVOIR CIVIL FRAGILISE

Cette crise intervient à un moment difficile pour le pouvoir civil, quelques mois après la chute pour corruption du Premier ministre Nawaz Sharif, et à quelques mois d’élections législatives qui s’annoncent incertaines. L’actuel gouvernement, mené par un fidèle de M. Sharif, Shahid Khaqan Abbasi, est depuis plusieurs jours sous le feu des critiques pour sa maladresse et sa lenteur dans la gestion de la crise, perçues comme une manifestation de faiblesse à l’égard de mouvements extrémistes en plein essor.

LE POUVOIR CIVIL FINIT PAR CAPITULER … SOUS LA PRESSION DE L’ARMEE

Les manifestants islamistes occupant depuis trois semaines le principal accès à la capitale Islamabad ont commencé à plier bagage ce lundi après avoir obtenu satisfaction sur leur principale revendication, la démission du ministre de la justice. Leur retrait est la conséquence d’un accord négocié dans la nuit avec l’aide de la puissante armée pakistanaise, qui de l’avis des analystes représente une véritable capitulation pour le gouvernement. Visiblement embarrassé, ce dernier n’avait toujours pas réagi lundi en fin de journée, pas plus que l’armée.

La levée du sit-in, annoncée dans la matinée par le chef de file du mouvement islamiste, Khadim Hussain Rizvi, a commencé dans l’après-midi de ce lundi, permettant à la vie de reprendre petit à petit son cours dans cette périphérie d’Islamabad occupée trois semaines durant par quelque 2.000 manifestants. De premiers groupes de protestataires, leurs affaires roulées dans des sacs en plastique, commençaient à se diriger vers les stations de bus, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les commerces à proximité rouvraient progressivement et des motos zigzaguaient dans la foule.

“Toutes nos revendications seront honorées”, leur avait auparavant lancé le mollah à la longue barbe grise, assurant avoir obtenu des “garanties” en ce sens de l’armée pakistanaise. La démission du ministre, Zahid Hamid était la principale exigence des protestataires, membres d’un groupe religieux peu connu, le Tehreek-i-Labaik Yah Rasool Allah Pakistan (TLYRAP). M. Hamid a présenté sa démission au Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi pour conduire le pays hors de la crise”, a affirmé lundi l’agence de presse APP, citant des sources officielles. L’intéressé n’a pas confirmé.

“Notre but était de devenir des martyrs pour l’honneur du prophète et nous avons combattu sans crainte”, a commenté Mehboob Ahmed, 19 ans, l’un des manifestants d’Islamabad, qui s’est dit “triste” de ne pas être lui-même mort en martyr.

II- LES QUESTIONS SOULEVEES PAR LA DESTABILISATION DU PAKISTAN

Manifestations au Pakistan: cinq questions sur les récentes violences … En trois semaines, un sit-in en bordure d’Islamabad s’est transformé en une crise politique majeure pour le Pakistan. Qui sont les manifestants qui ont plongé le pays dans l’incertitude, et surtout pourquoi les choses ont-elles basculé à ce point?

QUI SONT CES ISLAMISTES RADICAUX ?

Le sit-in a démarré le 6 novembre à Islamabad, quand quelque 2.000 sympathisants d’un groupe religieux presque inconnu, le ‘Tehreek-i-Labaik Yah Rasool Allah Pakistan’ (TLYRAP), ont bloqué la principale autoroute d’accès à Islamabad, un axe stratégique.

Les manifestants du TLYRAP font partie de la secte barelvi, liée au soufisme, un mouvement mystique de l’islam perçu comme modéré. « Mais l’exécution l’année dernière de l’un de leurs membres, Mumtaz Qadri, pour l’assassinat du gouverneur libéral du Pundjab Salman Taseer en raison de ses positions sur la loi sur le blasphème, a conduit certains d’entre eux à adopter une ligne dure à ce sujet (…)  Ce sont des gens dangereux avec des opinions dangereuses, et (leur présence) depuis plus de deux semaines est pour le moins très troublante. Cela en dit long sur l’influence et l’impunité dont bénéficient les extrémistes religieux au Pakistan », estime l’analyste Michael Kugelman, du Wilson Center à Washington, interrogé par l’AFP.

Leur leader, le mollah Khadim Hussain Rizvi, longue barbe grise et habit traditionnel, « est connu pour ses exagérations verbales. Il a notamment accusé les autorités d’obéir à un “agenda secret” dicté par “les juifs et les chrétiens” parce qu’elles souhaitaient déloger ses ouailles ».

QUE VEULENT LES MANIFESTANTS ?

Aux prémisses du mouvement, un amendement du gouvernement modifiait légèrement le serment que doivent prêter les candidats à une élection. Pour le TLYRAP, ce changement, même marginal, sur lequel le gouvernement est d’ailleurs revenu très rapidement, visait à permettre la participation aux scrutins des Ahmadis, une secte dont les membres sont persécutés et considérés comme des hérétiques aux croyances blasphématoires, un sujet ultra-sensible dans le très conservateur Pakistan.

Il a donc organisé un rassemblement pour exiger la démission du ministre de la Justice. Puis après des semaines de manifestation et alors que la police tentait samedi de déloger ses manifestants, ses mollahs ont appelé les Pakistanais à les rejoindre pour “défendre l’honneur du prophète”.

Dans un pays “dans l’ensemble radicalisé”, où les derniers gouvernements n’ont “jamais remis en question l’autorité des petits groupes religieux”, l’Etat, incapable d’expliquer que l’amendement ne relevait pas de la religion mais de la “gouvernance”, est désormais “placé en position d’accusé”, souligne l’expert en questions socio-religieuses Khurshid Ahmad Nadeem.

D’après sa page Facebook, le TYLRAP veut imposer la Charia au Pakistan et il a prévu de participer aux futures élections, après avoir déjà concouru à des élections partielles à Lahore en septembre dernier.

COMMENT LA VIOLENCE A-T-ELLE DEMARRE?

Pendant presque trois semaines, le rassemblement a paralysé l’accès à Islamabad depuis Rawalpindi, grande agglomération voisine où vivent la plupart des salariés de la capitale. Certains militants, armés de battes, fouillaient toute personne s’approchant et bloquaient les voitures. « Devant la frustration générée pour des dizaines de milliers de personnes quotidiennement, qui voyaient leurs temps de trajet exploser, et alors qu’un enfant était mort de n’avoir pu être transporté à l’hôpital, la justice a exigé des autorités qu’elles lèvent le blocus ».

Samedi, « 8.500 membres des forces de sécurité, police et paramilitaires, ont tenté de les évacuer, sans succès ». Les baralvis, qui “se proclament défenseurs du prophète”, sont désormais “militarisés”, les rendant “très dangereux”, observe l’expert Nadeem.

Les manifestations se sont parallèlement propagées aux deux plus grandes agglomérations du Pakistan, Karachi et Lahore, ainsi qu’à d’autres villes. Le gouvernement a finalement suspendu l’opération et appelé l’armée à la rescousse à Islamabad.

POURQUOI LE GOUVERNEMENT N’A PAS REAGI AVANT ?

Jusqu’à samedi, l’exécutif privilégiait la négociation avec les manifestants, quitte à paraître faible. A moins d’un an d’élections législatives, les autorités craignaient surtout que la dispersion par la force des manifestants ne leur coûte trop cher politiquement.

Vendredi dernier, la justice a toutefois annoncé qu’elle convoquait le ministre de l’Intérieur Ahsan Iqbal pour qu’il s’explique sur l’inertie de l’exécutif.

Le succès des manifestants est “extrêmement dérangeant” car il démontre “l’influence et l’impunité dont bénéficient les extrémistes” au Pakistan, estime l’analyste Michael Kugelman, du centre Wilson à Washington.

POURQUOI L’ARMEE N’AGIT-ELLE PAS ?

L’armée n’a pas répondu à l’appel du gouvernement et n’a pas réagi officiellement, suggérant qu’elle hésitait à s’engager. L’armée “exerce une forte présence et une forte pression en coulisses” sur le gouvernement civil, explique M. Kugelman.

Très puissante au Pakistan, notamment via ses services secrets, l’ISI (Inter Intelligence Service) elle est accusée « d’avoir sapé l’autorité de précédents gouvernements » et est noyautée par les radicaux wahhabites. Ce pays, une puissance nucléaire, a été dirigé par des généraux la moitié de ses 70 années d’existence.

Après des semaines de négociations infructueuses, une tentative des forces de l’ordre de déloger les manifestants à coups de gaz lacrymogènes samedi ayant échoué, faisant 7 morts et plus de 200 blessés, le gouvernement s’était résolu à se tourner vers l’armée. Appelée samedi soir en renfort pour aider à “maintenir l’ordre” à Islamabad, elle « s’est impliquée dans les négociations avec les manifestants, dont elle a paraphé l’accord final, qui prévoit le départ du ministre et d’autres clauses ». Autrement dit elle a forcé le pouvoir civil à capituler !

Un accord sur lequel la Haute cour d’Islamabad a fait part de “sérieuses réserves”, s’interrogeant notamment sur « le rôle des généraux l’ayant signé, qui se trouvaient alors au-delà du mandat que confère la Constitution pakistanaise à l’armée ».

Cette issue au conflit constitue un revers cinglant pour le gouvernement, qui ressort affaibli de ce long bras-de-fer. “Politiquement, c’est très embarrassant pour le (parti au pouvoir) PML-N”, juge l’analyste Hasan Askari, interrogé par l’AFP. Le gouvernement “a dû céder. Il s’est retrouvé sans alternative car sa tentative de les déloger a échoué et parce que le conseil de l’armée était aussi de chercher une issue politique”, souligne l’analyste Hasan Askari, interrogé par l’AFP. La crise a ainsi “renforcé les groupes de musulmans conservateurs”, relève-t-il.

III- LA QUESTION CENTRALE DE LA CONCLUSION D’ UNE ALLIANCE GEOPOLITIQUE AVEC LA COALITION SAOUDIENNE ?

La question centrale se pose comme suit :

« Pourquoi le Pakistan a-t-il tout intérêt à s’éloigner autant que possible de la coalition saoudienne ? »

La politicienne pakistanaise Shireen Mazari, membre éminent du parti Pakistan Tehreek-e-Insaf, en donne les deux principales raisons. « Il est évident que la coalition saoudienne met sans cesse de l’huile sur le feu pour provoquer une guerre confessionnelle entre les musulmans, et le président américain Donald Tramp y offre son solide soutien », a-t-elle dit, avertissant contre les risques que son pays pourrait encourir en cas d’adhésion à la coalition saoudienne  « Les deux raisons sont suffisantes pour que le Pakistan prenne ses distances avec la coalition », a-t-elle estimé.

Et de poursuivre : « Le nom donné à cette coalition est également incorrect, car ils ont omis de considérer l’Iran comme un pays islamique et n’ont pas convié Téhéran à devenir membre de cette coalition. »

Elle a ensuite pointé du doigt les hommes d’État pakistanais en disant : « Au début, ils avaient promis de prendre en considération l’avis du Parlement dans leur prise de décision, et de justifier leur décision devant des parlementaires, mais je me rends compte qu’ils n’en font qu’à leur tête. » « Le Parlement pakistanais a interdit à l’unanimité au gouvernement de participer à la coalition saoudienne et d’intervenir dans la guerre contre le Yémen, mais le gouvernement a unilatéralement autorisé que l’ancien commandant militaire pakistanais, le général Raheel Sharif, prenne le commandement de la coalition saoudienne », a-t-elle déploré.

La politicienne a conclu en rappelant : « Le Pakistan avait pourtant donné sa parole, et ce à plusieurs reprises, qu’il ne ferait rien qui nuirait les intérêts de Téhéran et qu’il ne prendrait pas part aux opérations de la coalition en dehors du territoire saoudien. »

Les manifestations insurrectionnelles se sont faites sur cet arrière-plan géopolitique … Avec une seconde question : celle posée par Pékin et Moscou avec le projet des « nouvelles routes de la soie », qui inclut le Pakistan dans l’intégration continentale eurasiatique !

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

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MATERIALISM DIALECTIC

                        UPDATE OF DIALECTIC MATERIALISM OR

                        MARXISM IN THE 21ST CENTURY

   Bibeau.robert@videotron.ca    Éditeur.   http://www.les7duquebec.com

 29.11.2017

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Pure sciences and social sciences, metaphysics and ontology.

Imagine that all internationally recognized astrophysicists, including some Nobel Prize-winning luminaries, have never been able to get a single rocket off the ground. At each aborted attempt the astronauts would have died in their ship-tombs. Do you believe that these astrophysicists, engineers and technicians would retain any credibility, any notoriety?

Yet, no Nobel Prize-winning and made sacred bourgeois economist can anticipate what will happen following the systemic economic crisis of 2007-2008. They can not even agree on the prediction of a protracted crisis or an onset of recovery. However, the bourgeois go-left plays its role of propagandist and fumist and offers its forums to one or the other of these dazed experts appearing before assemblies of idle militants.

Demonstration, some time ago was held at the prestigious Sorbonne of Paris a conference of Master Rémi Herrera, researcher at the CNRS, on the theme “The degenerative disease of the economy: the neoclassicism” in the framework of a seminar entitled, “Marx in the 21st century“. The scientist committed an attempt to “actualize” the Marxist thought in political economy. Since the master did not really master his subject, the poor wandered, without understanding that he was serving the cause that he claimed to defend. (1)

From the outset, the professor of the National Center for Scientific Research went from two falsehoods to conclude with a proven sophism. He postulated that China, an economically prosperous country, includes capitalist components , but especially socialist components. Then, he said that China feeds properly 22% of the world population (1.3 billion people). He concluded that these are the unquestionable proofs that only the socialism can ensure such a performance and that the capitalism would never succeed.

In the long run, one mode of production per country, the same in all countries.

If the researcher knew the Marxist political economy, he would know that according to Marxist theory two antagonistic modes of production can not survive or coexist on a given national territory without phagocyting. It is always the most efficient mode of production that absorbs the least productive. It is a law of Marxist political economy.

Incidentally, it is because the first mode of production was not sufficient for the task, no longer fulfilled its historical mission that the second mode of production (of replacement)  arose, born from the insoluble contradictions of the first. If it was true that the Chinese economy includes capitalist components and other socialist ones and if it is true that these two modes of production are different, then the most efficient – effective – productive – will absorb the less productive, the less efficient.

As the duel “socialist camp” against “Western capitalist camp” proved during the Cold War (1945 – 1991) the private financial capitalist economy absorbed the socialist (state) industrialist capitalist industrialist economy, attesting the more effective.

Then, Mr.Herrera does not seem to know that the misery is great in China, that every year thousands of wild strikes broke out involving millions of proletarians overexploited, underpaid, precarious against corrupt officials, paid by mafia businessmen. The researcher seems unaware that millions of expropriated peasants are being driven off their land and often without compensation. They will swell the slums on the outskirts of the free zones (excluding taxes for multinational imperialists). Finally, the theorist seems to be unaware that this social misery cohabits more and more difficult with the exuberance of an “emerging” bourgeois class composed of flourishing billionaires and a whole fringe of greedy petty-bourgeois. However, we, by advanced capitalist countries, know better than anyone what will happen to these petty-bourgeois – bobos and sycophants – during the next cycle of economic crisis. They will find themselves precarious and impoverished like those millions of proletarianized Chinese peasants who are forced to migrate from a region to another of the capitalizing “emerging” China in search of an infamous job.

Socialist economy – state capitalist – communist mode of production.

The CNRS researcher then gets bogged down in the characterization of what characterizes a socialist economy and the proletarian communist mode of production. Let us first say that according to Marx the socialist mode of production does not exist. According to Marx, the capitalist mode of production, have reached its culminating point, the one where its internal contradictions will have reached a point of no return, and where this mode of production will have harnessed the totality of the productive forces which it will be able to valorise (to generate surplus-value) then, this mode of production will crumble under the weight of antagonistic insurrectionary forces. From this destructive anarchy will emerge the proletarian revolutionary movement that will build a new revolutionary mode of production, the proletarian communist mode of production.

The proletarian communist mode of production.

But above all, for the Marxists, the communist mode of production is not the nationalization or the planning of the economy by the state, nor the equity in the distribution of goods and the accumulated capital. For the Marxists the proletarian communist mode of production is the abolition of the market economy, the ownership of the means of production, exchange and communication, it is the abolition of wage labor, money, stock market and the banks, it is the extinction of the State, and the end of the separation of the producers from their means of production (original alienation according to Marx), and the end of the separation between the city and the countryside (basic alienation according to Marx). In short, the socialist economy more or less state, nationalized and planned, it is neither a condition, or the achievement of the proletarian communist mode of production.

Note that Marx has tried to describe briefly how the capitalist societies will move from a mode of production to another, but these suppositions are among his most obscure passages and we advise readers not to dwell on them. The passage from a mode of production to another will be the work of those who will live this long and complex historical phase, totally unprecedented, truly exalting and for which the revolutionary proletarians still have time before them.

The capitalism of Socialist state.

Since the Bolshevik revolution in Russia, the Leninists have imagined a long transitional phase of systemic passage from the fallen capitalist mode of production to the communist mode of production promoted under the dictatorship of the proletariat, they claimed. It was then that was invented the mode of production of socialist transition, a state passage arranged between feudalism and communism without going through capitalism.(2) However, since that time, no country has even approached this situation of transition between the capitalist mode of production, having reached its degenerative peak, and the communist mode of production, contained in seeds within the very heart of the old system, presenting its override, predicted Marx. Neither the USSR, or China, or Vietnam, or Cuba, or North Korea to name only the examples that the cliche presents in support of his theory. Not even the Romania of Ceausescu, the genius of the Carpathians (sic), or the self-managing Yugoslavia of Tito, or the economically backward Albania from this good Enver Hodja from the country of the eagles, have approached conditions of high technology, economic productivity and financial hegemony to glimpse the end of socialist capitalism and the advent of communism. Contrary to what Lenin claimed in 1916, the capitalist mode of production, which was just beginning its ascending imperialist phase, had not finished of harnessing all the productive forces that were large enough to contain – that is to say, accumulate the capital to be valued. The archaic state of the feudal economies of China, India, Africa, and East Asia at that time (1916) should have sufficed to convince him. (3)

The hegemonic financial capital.

But let’s resume the line of the CNRS scientist’s presentation. He announces that he has discovered two elements which has recorded in his book: 1- the first is that the dominant fraction of capital, the fraction of financial capital, would impose on the whole world its laws and its destiny. However, according to the Marxist theory there are not three monopoly capitalist fractions, one industrial, the other commercial and the third financial banking and stock market as the economists of the left claim. Since Lenin we know that industrial – commercial and banking capital has merged with the stock market to form only an individual international capital, the hegemonic globalized financial capital. (4)

The “scientific” metaphysics

Let’s continue our investigation of the ideas of the Marxist seeker. Master Herrera reveals the second discovery recorded in his book: 2- there would be “problems in economic models of neoclassicism imposed by the dominant mainstream thinking, many serious theoretical problems that prevent economists to understand the crisis and solve it“(5). Let us settle quickly a dispute which opposes us here to the Marxist thinker. Marx has repeatedly stated that it is impossible to solve the systemic crisis of capitalism and we are in tune with Marx on this point. Solving the ills of moribund capitalism will require more than words, a social revolution.

Notwithstanding this, let’s continue with the professor who identifies three points of articulation that are lacking according to him: 
A) macro-and-micro-economy. B) Articulation between economy and politics. C) Articulation between economics and philosophy of ontological ethics that founds the neoclassical economics.

No need to go further, the discoveries of the economist professor with marxist leanings are the same water that distill the bourgeois economists which he criticizes.

The contemporary bourgeois economists practice the economics as metaphysical astrologers theologians practiced the science in the Middle Ages. Instead of auscultating the real world around them, the neoliberal economists seek in dogmas and “scholarly” books the answer to their questions. Let’s take a concrete example. It is undeniable that big capital does not renounce any embezzlement to escape the tax by concealing its profits in tax havens.

But this pragmatic economic behavior is not a consequence of the problem of “the articulation between philosophy of ontological ethics and neoclassical economics“. It is equally undeniable that government policies and programs serve the interests of billionaires and corporate capital, but this behavior of the political functionaries of capitalism is not the result of a bad “articulation between economics and politics” which constitute the practical materialization.

In other words, it is not the “neoclassical and neoliberal” ideology that manipulates and triturates the contemporary economic situation, but it is the laws of capitalist production of goods and services, which make it possible to ensure the valorization (enlarged reproduction of capital) which forces capitalists to become inventive in terms of fiscal efficiency; the constraints to direct their politicians to austerity policies and encourages them to subsidize the research on neoliberal and neoclassical policies of CNRS (sic).

As the real astrophysicists, physicists, engineers and chemists have understood and apply it, it is not their ideological, religious, or ontological orientation that guides their research and scientific work, but the concrete reality that surrounds them and that they are auscultating, sometimes even giving way to formulate and popularize this science which they produce in the form of theories that are downright ascientific or more often approximate, such as the divine origin of life; the Earth center of the universe; the original Bigbang; Darwinism; relativity, etc. Since Marx the world of the social and economic sciences has the chance to repudiate the counter-scientific theories on which the speculations of the specialists are based and to indulge in the true dialectical social and economic sciences, but to do this the researchers must remember that the theories formalize the reality, they do not invent it, they do not even change the reality. A “marxizing” seeker who forgets it risks to regress rather than actualizing the Marxist dialectical materialist science. (6)

                                                        NOTES 

  1. Remi Herrera. (2015) The degenerative disease of the economy: the neoclassicism. Delga. Paris. To see on Vimeo https://vimeo.com/119639904
  2. Hence the text of Lenin State and the Revolutionpublished in 1917.
  3. Lenin   Imperialism is the supreme stage of capitalism.  Social publishing.
  4. Lenin   Imperialism is the supreme stage of capitalism.  Social publishing.
  5. Rémi Herrera (2015). The degenerative disease of the economy: the neoclassicism.

 Delga editions https://www.decitre.fr/livres/la-maladie-degenerative-de-l-economie-le-neoclassicisme-9782915854732.html

  1. Robert Bibeau (2017)   National question and proletarian revolution under modern imperialism. L’Harmattan. Paris. ORDER AMAZON

https://www.amazon.ca/Question-nationale-r%C3%A9volution-prol%C3%A9tarienne-limp%C3%A9rialis/dp/2343114749/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1496234995&sr=8-1&keywords= Robert Bibeau +

Traduction   by  Claudio Buttinelli.  Roma

ENGLISH BOOK  FREE  (HERE)  http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2017/05/bon-NATIONAL-QUESTION-AND-PROLETARIAN-REVOLUTION-UNDER-THE-MODERN-IMPERIALISM-revision.docx ET ITALIAN BOOK  (ICIGRATUITEMENT EN TÉLÉCHARGEMENT.

Bibeau.robert@videotron.ca

Éditeur du webmagazine  http://www.les7duquebec.com

GEOPOLITIQUE DE LA SYRIE 2017 (II): LES QUESTIONS GEOSTRATEGIQUES D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/

Luc MICHEL pour EODE/

Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/

2017 12 01/

LM.GEOPOL - Geopol syrie II (2017 12 01) FR 2

Syrie: après six ans de conflit, la victoire du Président Assad et de ses alliés russe et iranien est incontestable et incontournable. La guerre importée d’Occident se conclut par un « nouveau Yalta » d’où les USA sont exclus (1). La période nouvelle s’ouvre sur une série de questions géostratégiques qui se pose aujourd’hui ou se poseront dès demain. A commencer par la maintien du président Assad au pouvoir …

* Lire aussi :

LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

GEOPOLITIQUE DE LA SYRIE 2017 (I):

REGARD SUR SIX ANNEES DE GUERRE

Sur http://www.lucmichel.net/2017/11/30/luc-michels-geopolitical-daily-geopolitique-de-la-syrie-2017-i-regard-sur-six-annees-de-guerre/

QUESTION 1 :

IRAN-SYRIE : LE MAINTIEN D’UNE COALITION HAUTEMENT STRATEGIQUE

Dans une interview exclusive avec Tasnim News, ce 26 novembre, Abdul-Qader Azouz, conseiller du Premier ministre syrien, s’est penché sur la Syrie à l’ère post-Daech. « La coalition Iran-Syrie est stratégique et fondée sur le respect mutuel », a-t-il souligné.

Le 19 novembre dernier, la ville d’Abou Kamal, dernier bastion de Daech à la frontière entre la Syrie et l’Irak, a été libérée par l’Armée arabe syrienne. « Depuis deux ans, la lutte antiterrorisme a pris des dimensions titanesques. Des milliers de kilomètres de territoires occupés par Daech ont été reconquis ».

Se pose donc la question de la Syrie à l’ère post-Daech … Désormais, « l’Axe de la Résistance est entré dans l’ère post-Daech ». « Les ballets diplomatiques de Damas se sont intensifiés. Le récent voyage de Bachar al-Assad en Russie et sa rencontre avec Vladimir Poutine s’inscrivent dans ce cadre », a-t-il indiqué.

La coalition Iran-Syrie est un axe stratégique. Évoquant le rôle important de l’Iran dans les opérations de l’armée syrienne, M. Azouz a affirmé que » la coalition Syrie-Iran était stratégique et basée sur le respect de la souveraineté nationale de chacun et la non-ingérence. Elle s’est fixé pour objectif de lutter contre le terrorisme qui a dépassé les frontières des pays. La mission des experts et des conseillers militaires iraniens déployés en Syrie est d’y restaurer la sécurité ».

Damas veut maintenant réhabiliter sa souveraineté territoriale. Concernant la reprise du contrôle des régions assiégées comme Raqqa, Abdul-Qader Azouz a rappelé : « La ville de Raqqa fait partie intégrante de la Syrie. Par conséquent, les groupes kurdes sécessionnistes ne pourront pas s’y maintenir. La situation y est provisoire. Ils résistent grâce aux soutiens logistique et financier des États-Unis. De Raqqa, ils n’ont acquis que de la terre et des pierres, car toutes les infrastructures ont été détruites par les avions de la coalition internationale… Mais j’insiste sur le fait que le gouvernement de Damas et ses alliés œuvrent pour la réappropriation de toutes les régions syriennes. » 

QUESTION 2 :

L’ECHEC DU LIKOUD EN SYRIE.

NETANYAHU VA-T IL DEVOIR PARTIR, PARCE QU’IL « A PERDU LE JEU FACE A L’IRAN » (DIXIT L’OPPOSITION ISRAELIENNE) ?

Le leader du parti “Yesh Atid” et un des opposants à Netanyahu, Yair Lapid, a fustigé le Premier ministre israélien pour sa “politique ” envers l’Iran, « une politique qui a échoué » :

« Le moment est venu pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu de quitter ses fonctions, non pas à cause de corruption(une pratique sans doute bien répandue et acceptée auprès des politiciens israéliens, NDLR) mais parce qu’il a échoué à contrer l’accord nucléaire entre l’Iran et les 6 puissances du monde », dit le leader de Yesh Atid dans un entretien avec le journal israélien Jerusalem Post dans son bureau à la Knesset.

“Les principaux objectifs que Netanyahu a fixés étaient d’endiguer l’accord nucléaire, de faire en sorte que les sanctions soient maintenues et de s’assurer que les Iraniens n’e parviennent pas à s’implanter près de nos frontières. Ce furent les plus grandes promesses de Netanyahu faites au peuple d’Israël. Nous devons néanmoins admettre qu’aucune de ces promesses n’a été réalisée.  En Syrie, c’est notre cauchemar de toujours à savoir une présence permanente de l’Iran, qui est sur le point de s’accomplir», affirme Lapid. “C’est un échec énorme de la politique étrangère du gouvernement Netanyahu.”

Dans une autre partie de son interview, le prétendant  au poste de Premier ministre israélien a dénoncé la stratégie du gouvernement actuel envers le dossier syrien, avant d’ajouter :

« La politique russe du gouvernement Netanyahu a, elle aussi, échoué lamentablement. Ce qui se passe en Syrie est ce dont on ne voulait absolument pas. Nous devons changer les règles du jeu avec les Russes, réécrire nos relations avec les États-Unis et faire en sorte que tout le monde sache que nous ne demanderons la permission à personne pour agir en Syrie contre les Iraniens. »

Lapid refuse toutefois de souligner une chose, commente la presse iranienne : « Netanyahu et son équipe ont tout fait en Syrie pour changer la donne en leur faveur ( frappes directes, soutien aux terroristes …)  mais ils ont perdu face à la stratégie gagnante de la Résistance. Et rien ne dit qu’un changement de la majorité à la Knesset suffise à changer cet état de faits ».

QUESTION 3 :

LA REOUVERTURE DE LA QUESTION DU GOLAN ANNEXE PAR ISRAEL, AU MOMENT OU L’ARMEE SYRIENNE Y A LIBERE DEUX COLLINES STRATEGIQUES ?

Après d’intenses combats opposant les forces de l’armée syrienne aux éléments d’Ahrar al-Cham et du Front al-Nosra (rebaptisé Front Fatah al-Cham), les militaires syriens sont parvenus à reprendre aux terroristes le contrôle de deux hauteurs stratégiques aux alentours de la localité de Beit Jinn. 

Malgré les tergiversations israéliennes, les forces de l’armée syrienne et de la Résistance poursuivent leur opération antiterroriste dans la province de Quneitra. Les deux collines stratégiques à proximité de la localité de Beit Jinn ont été libérées par l’Armée arabe syrienne, au bout de lourds combats avec les terroristes d’Ahrar al-Cham et du Front al-Nosra, tous les deux liés à al-Qaïda.

L’importance stratégique de ces hauteurs est due au fait qu’elles surplombent totalement le Golan occupé ainsi que les lignes d’approvisionnement des terroristes via les frontières du nord de la Palestine occupée. A savoir que depuis l’éclatement de la crise en Syrie, Israël a établi des lignes d’approvisionnement afin d’armer les groupes affiliés à al-Qaïda ainsi que les opposants syriens.

QUESTION 4 :

POURQUOI ERDOGAN NE S’OPPOSE PLUS A ASSAD ?

Une nouvelle réunion tripartite des présidents russe, turc et iranien sur l’avenir de la Syrie, s’est tenue le 23 novembre 2017, à Sotchi. La présence turque repose sur des positions de realpolitik pure. En comparaison avec six ans auparavant, le président turc qui était déjà l’un des plus farouches opposants au maintien au pouvoir de Bachar al-Assad, est revenu sur sa décision et a changé de cap envers ce dernier. Il n’exclut pas la possibilité de futurs contacts avec son homologue syrien, et il le considère même comme « un allié fort face à l’indocilité des minorités turque et syrienne, pour contrer les Unités de protection du peuple » (YPG).

On peut trouver trois raisons pour le changement de position du président turc envers Assad et la crise syrienne :

* La première en est l’intervention diplomatique et militaire russe dans la crise syrienne qui a conduit la Turquie à devenir le partenaire de facto de Damas dans les événements post-Daech. Après que la Turquie s’est vue incapable de confronter la Russie, Erdogan n’a eu d’autre choix que de reconnaître la réalité et d’œuvrer pour l’accès à la paix en Syrie dans l’espoir de se frayer un chemin pour son influence dans ce pays après le règlement de la crise. Pour y arriver, Erdogan s’est appuyé sur les forces « modérées » syriennes, une possible entente avec Moscou et Téhéran et les grandes puissances, en espérant former une alliance entre ces trois facteurs afin de favoriser l’accès à une paix politique. Le récent sommet qui a eu lieu à Sotchi entre les présidents russe, iranien et turc incarne en effet l’entente entre la nouvelle troïka sur l’avenir de la Syrie.

* La deuxième raison est le facteur intérieur. Erdogan se voit face à une opposition interne forte qui menaçe l’unité de la Turquie. Les Kurdes soutenus par les États-Unis en Syrie, font partie du PKK, qui est en vive opposition avec le gouvernement turc. Le ‘Parti des travailleurs du Kurdistan’ a saisi l’occasion en or des guerres en Syrie et Irak pour s’armer, avoir la main libre pour la circulation sur les frontières et former une coalition avec les terroristes armés. C’est ainsi qu’il s’est transformé en un grand danger pour Ankara.

* La troisième raison est qu’après l’échec de l’aventurisme des Frères musulmans en Égypte, Erdogan s’est vu isolé au niveau régional, alors que sur le plan international, l’Union Européenne s’est posée aux côtés de Washington, plaidant pour la réalisation des revendications des Kurdes.

QUESTION 5 :

POURQUOI LE COMPLOT AMERICANO-SAOUDIEN AUPRES DE L’OIAC A-T-IL ECHOUE ?

À l’initiative de l’Iran et la Russie, le complot américano-saoudien consistant à redoubler la pression sur la Syrie au sein de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a capoté.

Selon l’agence de presse iranienne Fars, la 56e réunion extraordinaire du Conseil exécutif de l’OIAC a eu lieu en réponse à la demande du Bloc occidental dirigé par les États-Unis et de l’Arabie saoudite en vue de se pencher sur le « 7e rapport du mécanisme d’enquête conjointe entre l’ONU et l’OIAC », accusant le gouvernement syrien « d’avoir fait usage des armes chimiques » :

« Après deux semaines de négociations sur la décision proposée par les États-Unis et leurs alliés et quatre tours de discussions et appels à la suspension de la réunion par Washington afin de prendre une décision dure contre la Syrie et d’y faire associer d’autres pays membres du Conseil exécutif de l’OIAC, les délégations iranienne et russe ont tenu des réunions et des négociations serrées avec les délégations d’autres pays dont la Chine et la Biélorussie et elles ont réussi à faire échouer le projet américano-saoudien sur la Syrie qui n’a pas été adopté. »

Alireza Jahanguiri, ambassadeur permanent d’Iran auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, a vivement condamné « la prise en otage de l’OIAC par les États-Unis et son instrumentalisation à des fins politiques afin de faire pression sur la Syrie et de justifier l’action militaire unilatérale contre la base syrienne de Shayrat à Homs sous prétexte de présumée attaque chimique à Khan Cheikhoun ».

«Le Conseil exécutif de l’OIAC vient d’achever une session extraordinaire à La Haye qui a duré deux semaines, avec des interruptions. Au cours de la réunion, les États-Unis ont tenté de faire voter un projet antisyrien, mais à l’issue de longues batailles diplomatiques, ils ont dû rappeler leur projet, car ce dernier n’avait pas totalisé le nombre nécessaire de voix», a encore indiqué Mikhaïl Oulianov, directeur du Département de la non-prolifération et du contrôle des armements du ministère russe des Affaires étrangères.

QUESTION 6 /

POURQUOI LA RENCONTRE POUTINE-ASSAD A-T-ELLE EU UN IMPACT POSITIF SUR LES POURPARLERS DE SOTCHI ?

« Les discussions tenues entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue syrien Bachar al-Assad ont eu un impact positif sur le processus des pourparlers du sommet tripartite de Sotchi », a estimé le porte-parole du président russe, ajoutant cependant « qu’il reste encore beaucoup à faire ».

Les trois présidents de l’Iran, de la Russie et de la Turquie se sont réunis la semaine dernière dans la ville balnéaire russe afin d’œuvrer au règlement à long terme du conflit syrien, une rencontre tripartite organisée à l’initiative du président russe suite à la visite surprise du président syrien Bachar al-Assad en Russie.

« Le président Poutine a commencé un marathon diplomatique [à propos de la Syrie], sans doute, ce processus se poursuivra d’une façon ou d’un autre. Il n’empêche qu’il reste encore beaucoup à faire », a dit ce dimanche 26 novembre le porte-parole du Kremlin lors d’un entretien télévisé sur la chaîne télévisée Russia-1. Le porte-parole a estimé que « la rencontre surprise de la semaine dernière entre le président syrien Bachar al-Assad et son homologue russe Vladimir Poutine en Russie avait eu un impact considérable sur le processus des discussions tripartites ».

La ville balnéaire russe de Sotchi accueillera bientôt une conférence baptisée « le Congrès du dialogue national syrien » dans un triple objectif : réunir tous les protagonistes ethniques et confessionnels autour de la table des négociations, réécrire la Constitution et enfin préparer le terrain pour des élections en Syrie. Et surtout, but inavoué, mettre hors jeu les négociations de Genève, l’ONU et le Bloc américano-occidental  …

DOUBLE QUESTION 7 :

QUEL AVENIR POUR LES FORCES DE LA COALITION OCCIDENTALE ILLEGALEMENT PRESENTES EN SYRIE ? ET WASHINGTON VA-T-IL LACHER LES KURDES POUR CONSERVER SON ALLLIE TURC ?

Après avoir épaulé les « Forces démocratiques syriennes » (le cache-sexe politico-militaire kurde du PYD), « plus de 400 marines vont quitter Raqqa », a fait savoir la coalition internationale menée par Washington.

Suite à de longs combats ayant duré des mois, les Forces démocratiques syriennes (FDS), ayant été largement soutenues par les USA, sont parvenues à chasser Daech de son bastion. Elles ont ensuite empêché le retour des habitants arabes de Raqqa considérée comme « ville occupée par Damas » qui n’était pas prêt à reconnaître la présence le contrôle de la ville par les FDS. Ajouitons qu’à Raqqa, l’Armée arabe syrienne fait face aux FDS.

Selon Reuters, la coalition internationale indique dans son communiqué : « Suite à la libération de Raqqa et le départ de Daech, les 400 marines composant le premier bataillon s’apprêtent à renter chez eux. Le projet de les remplacer par d’autres forces a été suspendu. » Malgré l’opposition du gouvernement syrien, le directeur de la coalition, le général de brigade Jonathan Braga a cependant annoncé le maintien de la présence des forces de la coalition et a déclaré : « Nous réduisons les forces de combats là où cela semble logique. Mais nous continuons à aider nos alliés syriens et irakiens à maintenir la sécurité. Les soldats qui restent travailleront avec nos alliés pour vaincre les résidus terroristes, empêcher leur réapparition et favoriser le terrain pour que les gouvernements et les ONG puissent aider les citoyens et les locaux à se remettre des horreurs qu’ils ont subies pendant le règne de Daech. »

Le Pentagone annonce la présence de 503 soldats en Syrie. Tandis que selon une autorité américaine qui s’est exprimé la semaine dernière, ce chiffre monte à 2 000. La presse de Damas évoque maintenant ouvertement le départ forcé de ces troupes occidentales.

QUESTION 8 :

WASHINGTON SE MET-ELLE HORS JEU EN SYRIE PAR MECONNAISSANCE DE LA REALITE SYRIENNE ET HOSTILITE ENVERS MOSCOU ?

Ont peut aussi poser la question comme suit : les USA font-ils la sourde oreille ou souffrent-ils de contresens ?

Le président de la Commission du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) pour la défense et la sécurité, Viktor Bondarev, trouve « dommageable qu’au lieu de se rendre utiles en participant activement au règlement de la crise syrienne et en apportant leur pierre à l’édifice, les États-Unis ne saisissent le fond de la pensée de la Russie et marchent à contresens » :

« L’approche des USA concernant l’offre russe sur la crise syrienne est toujours la même, soit ils omettent les propos de la Russie, soit ils font la sourde oreille », a regretté Viktor Bondarev qui était aussi l’ancien commandant en chef de l’armée de l’air russe.

Cette remarque intervient sur fond des allégations tenues par Rex Tillerson qui avait « confirmé avoir trouvé une similarité entre l’approche US et celle des Russes sur la méthode à adopter pour mettre un terme définitif aux hostilités en Syrie » :

« À propos de la Syrie, la Russie reste ouverte à toute proposition de coopération. Nous œuvrons sérieusement à vaincre Daech en Syrie et marchons sur une voie aboutissant à la victoire contre le terrorisme et resterons pour toujours en Syrie. Nous coopérons avec la Russie de manière à éviter une guerre intestine en Syrie », avait dit Tillerson. Et d’ajouter : « La Russie et l’Amérique ont tenu des discussions à ce sujet et il existe un point de vue clair là-dessus. » Autisme ou illusion ?

QUESTION 9 :

LE « PLAN B » DE WASHINGTON EN SYRIE EST-IL LA « LIBYANISATION » OU LA « SOMALISATION » DU PAYS ?

Comme en Somalie depuis 1993 ou en Libye depuis 2012, la stratégie de domination ayant échoué, place à la « géostratégie du chaos » ???

« Les États-Unis cherchent-ils une « libysation » de la Syrie ? », interroge la Pravda (journal communiste russe), qui fait état d’informations selon lesquelles « les Kurdes de Syrie auraient signé un « accord de paix » avec Daech, ce qui pousserait les analystes à répondre « oui » à la question ».

La chaîne russe Directorate 4 a diffusé ce mercredi un reportage qui « confirme la signature d’un accord de paix entre FDS (Forces démocratiques syriennes) et Daech ». Le texte de l’accord, dont les photos ont été diffusées (!!!), prévoit « la remise du contrôle de certaines régions pétrolières du nord et de l’est de la Syrie, contrôlées par Daech, aux Kurdes ». « Daech et les FDS mettraient ainsi un terme à leurs hostilités avant de procéder à un échange de prisonniers ».

Interrogé par la Pravda, Dimitri Abzalov, directeur du ‘Centre de communication stratégique de Russie’, estime que « cet accord trahit la volonté américaine de jouer un scénario à la libyenne en Syrie » :

« Une telle complicité Kurde-Daech peut ne pas être conjoncturelle. Les Kurdes avancent depuis le nord de la Syrie, soit leur zone d’influence vers le sud pour s’emparer de la rive orientale de l’Euphrate. Ce sont les forces qui n’ont cessé de coopérer étroitement avec les Américains tout au long de la guerre. Sur la rive orientale de l’Euphrate, les USA ont déjà dressé leur base militaire pour le grand bonheur de Daech qui y opère tout en bénéficiant du soutien des forces spéciales américaines. L’objectif est clair : les États-Unis cherchent d’une part, à empêcher la fin de la guerre en Syrie via le maintien des foyers de tension et de l’autre, à remettre à leurs alliés le contrôle des zones stratégiques en Syrie. C’est leur manière pour pousser Assad vers la porte de sortie », a déclaré l’expert russe. 

Selon lui, cet « ultime acte de sabotage US ne fait que compromettre les pourparlers politiques de Sotchi » :

« Les Américains semblent vouloir appliquer un scénario à la libyenne en Syrie : il s’agit de remettre entre les mains des Kurdes le contrôle des sites pétroliers et gaziers syriens aux FDS. Ce levier de pression énergétique pour un gouvernement syrien qui cherche des ressources en devises pour reconstruire les ruines de la guerre devrait, croient les Américains, pousser Damas à jeter du lest. »

En ce sens, « l’aide militaire colossale apportée par Washington aux Kurdes n’était guère destinée à combattre Daech, mais plutôt à renforcer les Kurdes face à Assad ». « Mais quoi qu’il en soit, les Kurdes se sont engagés dans une aventure sans lendemain, en faisant confiance aux Américains, car même s’ils ne retournent pas leur arme contre Damas, ils ont fourni suffisamment de prétextes à leurs adversaires pour que ces derniers justifient toute action anti-kurde. Ankara est le premier d’entre eux à les attendre au tournant », a-t-il ajouté.

(Sources : presse syrienne, iranienne et russe – EODE Think-Tank)

NOTES :

(1) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ TRIPARTITE SOCHI SUMMIT (‘THE AXIS OF ORDER’) SEEN FROM RUSSIA: ‘A NEW YALTA THAT EXCLUDES THE AMERICANS’

sur http://www.lucmichel.net/2017/11/28/luc-michels-geopolitical-daily-tripartite-sochi-summit-the-axis-of-order-seen-from-russia-a-new-yalta-that-excludes-the-americans/

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